La
vérité sur le "compte d'auteur"
Le
droit des auteurs enfin expliqué...aux auteurs
L'auteur
face à son premier contrat d'éditeur
Dans
quel cas peut-on reprendre ses droits d'auteurs?
La vraie histoire du "compte d'auteur "
Connaître et faire respecter ses droits sont les premiers pas vers le professionnalisme. Que ce soit pour protéger son manuscrit, signer un contrat d'édition, vérifier le versement de ses droits d'auteur...,il est toujours indispensable d'être convenablement informé. La rubrique a pour vocation de documenter et de conseiller les auteurs sur leurs droits et sur l'environnement juridique de l'édition.
Depuis
l'invention de l'imprimerie par Gutenberg en
1440, les auteurs se sont auto-édités. Soit,
grâce à des mécènes, soit en s'arrangeant avec
leurs imprimeurs.
Durant des
siècles, les fonctions d'éditeur, d'imprimeur et
de libraire ne sont pas clairement délimitées.
Ce n'est qu'au cours du 19ème
siècle que la profession d'éditeur acquiert le
statut culturel que nous lui connaissons.
Au 20ème
siècle l'édition s'impose comme une industrie
culturelle. 1968 connaît les événements que nous
savons. La décennie des années soixante-dix fut
ce qu'elle fut. Les soixante-huitards
s'expriment haut et fort. Des petits malins en
profitent. Parmi eux, une minorité peu
scrupuleuse propose aux poètes contestataires
qui poussent comme des champignons de les
éditer. Dans la pratique : ils leur piquent
quelques sous et c'est tout !
Les grugés
gémissent ou enragent. Ils ne passeront pas à la
postérité.
De ces
désillusions naît en 1979 un "Comité des auteurs
en lutte contre le racket de l'édition " (sic).
Commence
alors une chasse aux sorcières, dont pâtiront
nombre de petits éditeurs entreprenants.
Au cours des
années quatre-vingt, ce comité vivote. Il
retrouve un deuxième souffle en s'arrogeant
d'autorité un droit énorme : établir un
classement des éditeurs, en mêlant édition et
compte d'auteur ! Une ineptie absolue qui a pour
effet secondaire d'offrir une certaine
légitimité éditoriale à une activité commerciale
qui, au regard de la loi, ne relève pas de
l'édition.
En
grossissant démesurément l'importance d'un
épiphénomène de mai 68, en théorisant à outrance
sur une pratique marginale, en allant jusqu'à
inventer un "contrat type de l'édition à compte
d'auteur " (sic) il s'octroie de force un petit
pouvoir dans un milieu littéraire dont il ne
fait pas partie et qui, de fait, l'ignore
superbement.
En réalité,
s'il a pointé du doigt quelques requins, ce
"Comité des auteurs en lutte contre le racket de
l'édition " a longtemps pénalisé de nombreux
petits éditeurs indépendants, le plus souvent
artisans laborieux et honnêtes, et a entretenu
de nombreux auteurs débutants dans des chimères.
Ce que dit la Loi.
La relation
auteur/ éditeur est légalement réglementée par
le Code de la propriété intellectuelle.
D'une part,
ce document précise clairement ce qu'est un
contrat d'édition : « Le contrat d'édition est
le contrat par lequel l'auteur d'une ouvre de
l'esprit ou ses ayants droit cède à des
conditions déterminées à une personne appelée
éditeur le droit de fabriquer ou de faire
fabriquer en nombre des exemplaires de l'ouvre,
à charge pour elle d'en assurer la publication
et la diffusion. » (Article L 132-1).
D'autre part,
les articles suivants (L 132-2 et L 132-3)
précisent eux, tout aussi clairement, que les
contrats dits "à compte d'auteur " et "de compte
à demi " ne constituent pas des contrats
d'édition.
Noir sur
blanc. En conséquence, la chose est claire.
Entretenir la
confusion ne peut que jeter la suspicion sur les
professionnels de l'édition et semer le trouble
dans l'esprit des auteurs.
Le Code de la
propriété intellectuelle est tout à fait
compréhensible pour des personnes dont
l'activité est d'écrire. Tous les auteurs
devraient le connaître. Ce code délimite le
cadre légal de l'édition et précise les droits
des auteurs, issus de la fameuse nuit
d'abolition des privilèges du 4 août 1789.
C'est quoi un contrat
d'édition ?
Un auteur a,
de fait, des droits sur l'ouvre originale dont
il est le créateur. Certains sont inaliénables.
D'autres peuvent faire l'objet de transactions
commerciales.
Les droits
moraux sont inaliénables : paternité de l'ouvre,
respect de son intégrité, de la liberté et du
choix de la divulguer.
Les droits
patrimoniaux, qui s'attachent à la propriété de
l'oeuvre sont eux des droits financiers. Ils
concernent principalement la reproduction et la
diffusion du texte.
En
contractant, l'auteur cède à l'éditeur, en
contrepartie d'une rémunération, le droit
d'exploiter commercialement certains de ses
droits patrimoniaux, limités dans le temps,
l'espace, les supports de diffusion.
La cession de
ces droits à l'éditeur doit légalement toujours
entraîner la rémunération de l'auteur.
Au minimum,
l'auteur doit percevoir semestriellement ou
annuellement un pourcentage sur les ventes du
livre, dès le premier exemplaire vendu. Ce
pourcentage, dans une fourchette de 8 à 14 % du
prix de vente public hors taxes est appelé
« droits d'auteur ». Il peut percevoir une
avance, appelée « à-valoir ». Au mieux il peut
être mensualisé par l'éditeur. Enfin, dans
certains cas seulement (ouvre collective,
préface.) il peut être rémunéré au forfait.
Dans la
pratique du « compte d'auteur », l'auteur n'est
pas rémunéré pour son travail. De plus, c'est
lui qui paie le prestataire (abusivement
qualifié « d'éditeur à compte d'auteur ») pour
qu'il assure l'édition du livre. Les abus et les
dérives possibles, l'absence totale de
validation éditoriale des textes expliquent
facilement que les ouvrages « à compte
d'auteur » ne sont jamais en librairie.
Il est vain
d'épiloguer sur cette pratique et beaucoup plus
constructif de s'informer sur les réalités de
l'édition professionnelle et les nouveaux
débouchés apportés aux auteurs par les nouvelles
technologies.
« De l'audace, encore de
l'audace, toujours de l'audace ! » (Danton).
Depuis les
années soixante-dix, l'édition française s'est
profondément modifiée. Les circuits de diffusion
ont évolué. La distribution est encombrée. Le
marché est à la limite de la saturation et le
lectorat davantage segmenté.
Mais,
surtout, la révolution numérique met aujourd'hui
à la portée des petits éditeurs indépendants et
des auteurs entreprenants, de nouveaux outils
d'impression, de publication, de diffusion et de
promotion, plus souples et moins coûteux.
La synergie
papier/Web s'impose progressivement. L'édition
sur Internet se développe en parallèle et de
plus en plus en complémentarité de l'édition
traditionnelle. Cette nouvelle donne dégage des
horizons et ouvre des perspectives nouvelles.
Elle modifie les relations contractuelles en
faveur des auteurs.
Aujourd'hui, le progrès rend définitivement caduque la pratique
du « compte d'auteur ».
Cela fait
quelques années déjà que ce procédé malhonnête
aurait naturellement décliné, si une telle
publicité ne lui avait été faite sous prétexte
de le combattre.
En soufflant
sur les braises on entretient le feu.
Aujourd'hui,
pour la première fois dans l'histoire de
l'humanité, les auteurs peuvent se saisir des
outils de production et de diffusion et acquérir
une indépendance qui ne peut que renforcer leur
liberté d'expression.
Alors ?
Vont-ils mettre le feu ?
Lorenzo Soccavo
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Le droit des auteurs enfin expliqué aux...
auteurs
Dans
un guide, pédagogique et clair,
Vous
écrivez ? Quels sont vos droits ?
publié aux éditions Dixit,
Florence-Marie Piriou propose un
véritable vade-mecum du droit des
auteurs, abordable par tous.
Intéressant, ce guide pratique l'est à plus d'un titre. Et d'abord parce qu'il ne s'agit pas d'un énième quadrillage juridique de la question, mais, pour une fois, bel et bien d'un ouvrage destiné en priorité aux auteurs, pour connaître, comprendre et défendre leurs droits.
Ancienne
responsable juridique de la Société des
Gens de Lettres de France (SGDL, Hôtel
de Massa, 38, rue du Faubourg
Saint-Jacques à Paris,
www.sgdl.org),
son auteur, Florence-Marie Piriou est
aujourd'hui sous-directrice de La Sofia
(Société Française des Intérêts des
Auteurs de l'écrit), la première et la
seule société de gestion collective
exclusivement réservée aux auteurs et
aux éditeurs de l'écrit (www.la-sofia.org).
Autant
dire que son expertise en droit de la
propriété littéraire et artistique,
ainsi que son engagement continu au
service des auteurs sont garants du
sérieux de cet ouvrage.
En
vingt parties, sous la forme de
questions précises ("Quelle rémunération
réclamer ?", "Quels sont les écrits
protégés par le droit d'auteur ?",
"Quelles sont les obligations de
l'éditeur ?", etc.) Florence-Marie
Piriou apporte des réponses claires et
compréhensibles par tous.
Il n'y a pas d'alternatives à la loi.
Le
principal mérite de ce guide est
ailleurs cependant.
Dans
son honnêteté : car il ne cherche pas à
entretenir les auteurs débutants dans
l'illusion qu'il existerait des contrats
alternatifs.
En
effet, si le Code de la propriété
intellectuelle (CPI, consultable sur
www.celog.fr/cpi) signale, en quelques
mots seulement, l'existence des
pratiques dites du "compte à demi" et du
"compte d'auteur", c'est pour spécifier
clairement que ces formules, nous
citons : « Ne constitue[nt] pas un
contrat d'édition, au sens de l'article
L. 132-1 ».
L'article L.132-1 définit exactement ce
qu'est, au regard de la loi, un contrat
d'édition : « Le contrat d'édition est
le contrat par lequel l'auteur d'une
oeuvre de l'esprit ou ses ayants droit
cèdent à des conditions déterminées à
une personne appelée éditeur le droit de
fabriquer ou de faire fabriquer en
nombre des exemplaires de l'oeuvre, à
charge pour elle d'en assurer la
publication et la diffusion. »
Sans
appel, les articles
L.
132-2 et L. 132-3 (signalant les
formules de compte d'auteur et de compte
à demi), et dont quelques-uns font leurs
choux gras, ne "constituent pas des
contrats d'édition" !
Il est
en effet abusif de qualifier de tels
contrats "d'alternatifs" (comme s'il y
avait des alternatives au respect de la
loi), et de surcroît, malhonnête
d'entretenir les auteurs débutants dans
cette croyance qui les met à la merci
d'aigrefins.
A
l'heure de la PAO (publication assistée
par ordinateur), de l'impression
numérique et des possibilités nouvelles
de publication et de diffusion sur le
Web, la seule alternative à l'édition
classique est. l'auto-édition.
Quand
aux braves qui persévèrent sur les voies
royales de l'édition traditionnelle, ce
guide qui vient de paraître aux éditions
Dixit sera leur meilleur bouclier.
Lorenzo Soccavo ©
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L'Auteur Face à son Premier
Contrat d'Edition
Une interview de Florence Marie Piriou.
Selon la loi, tout contrat d'édition doit être formalisé par un écrit.
Florence-Marie
Piriou :
Le consentement personnel et
donné par écrit de l'auteur est
obligatoire dans l'édition. Le
contrat doit spécifier au
minimum : la date de remise du
manuscrit et le titre de l'oeuvre
sur lequel porte la cession ;
délimiter le domaine
d'exploitation des droits cédés
quand aux lieux, à la durée, à
l'étendu du droit de
reproduction, ce dernier étant
essentiel pour imprimer
l'ouvrage dans différents
formats (édition courante, club,
poche, de luxe, condensée...) ;
indiquer le nombre minimum
d'exemplaires constituant le
premier tirage, ou, à défaut,
prévoir un à-valoir. Enfin, la
rémunération de l'auteur, qui
est, soit un pourcentage sur le
prix public hors taxe, soit une
rémunération forfaire, cette
dernière étant limitée aux cas
visés par la loi.
Dans ces conditions, quelle
est la situation et quels
recours peut avoir un auteur qui
n'aurait pas signé de contrat
écrit ?
F.-M. Piriou :
Si l'édition a eu lieu sans le
consentement de l'auteur et à
son insu, et que nous sommes
dans la situation d'une
exploitation contrefaisante,
l'auteur a le choix, soit
d'accepter de régulariser à
l'amiable cette exploitation,
soit, d'agir en justice pour
obtenir réparation. Il arrive
aussi que le livre soit publié
sans que les parties se mettent
d'accord sur les termes du
contrat. Une action en
contrefaçon ne sera pas
recevable dans le cadre de ces
pourparlers contractuels.
Si l'auteur ne devait
vérifier, ne faire attention
qu'à une seule clause du
contrat, un point et un seul, le
plus important : lequel
serait-il et pourquoi ?
F.-M. Piriou : Les clauses concernant le montant de ses rémunérations sont pour moi essentielles. Il faut être attentif à l'assiette du droit qui est toujours le prix public hors taxe du livre pour les exploitations directes des droits par l'éditeur, ou la recette brute hors taxe, lorsque le livre est fabriqué par un "sous-éditeur" (livre de poche, club, éditions étrangères...).
Les contrats types sont-ils
vraiment plus sûrs pour les
auteurs ?
F.-M. Piriou : Oui. Les contrats types proposés par les organisations professionnelles sont, en effet, plus sûrs pour les auteurs, car ils sont généralement ajustés par les juristes, par rapport aux dernières lois ou jurisprudences intervenues dans la matière.
L'auteur peut-il se dégager d'une clause de préférence avant son terme ? Que risque t-il s'il ne respecte pas cette clause ?
F.-M. Piriou :
La loi organise les modalités
selon lesquelles l'auteur se
trouve délié d'un droit de
préférence. Si l'auteur ne
respecte pas cette clause, il se
trouve en situation de
contrefacteur à l'égard de son
premier éditeur et risque de
faire également condamner son
nouvel éditeur sur ce fondement
par les tribunaux. Voir, par
exemple, la récente affaire Shan
Sa pour "L'Impératrice", publié
par Albin Michel alors qu'elle
était en contrat chez Grasset.
Imaginons un auteur débutant
qui se retrouve confronté à un
éditeur qui ne respecte pas ses
obligations... Quelle démarche
adopter ? Quels sont ses recours
?
F.-M. Piriou :
Le dialogue avec l'éditeur est
la première démarche. S'il ne
vous entend pas, il convient de
lui adresser un courrier pour
lui rappeler ses obligations. Si
rien n'y fait, rencontrer un
avocat, ou encore prendre
rendez-vous avec le juriste de
la Société des Gens de Lettres.
Cette association propose un
service d'aide juridique aux
auteurs et des conseils sur
leurs droits.
L'auteur a des droits, mais
aussi des devoirs. Quelles sont
les principales obligations de
l'auteur vis-à-vis de son
éditeur et que se passe t-il
s'il ne les respecte pas ?
F.-M. Piriou :
L'auteur doit remettre à
l'éditeur son manuscrit, objet
de l'édition, dans le délai
prévu au contrat, de manière à
permettre la fabrication du
livre. De plus, précise la loi,
l'auteur doit garantir à
l'éditeur l'exercice paisible
des droits cédés par contrat.
L'auteur
est responsable de ses écrits et
doit garantir l'éditeur de tous
les troubles qu'il pourrait
causer à l'exploitation du
livre. Par exemple, en cédant
des droits sur un livre, alors
qu'il était déjà lié par un
droit de préférence à un autre
éditeur. Ou encore, l'auteur
doit garantir l'éditeur du
trouble causé par les erreurs
qui seraient contenues dans son
ouvrage.
Dans cette
période de forte judiciarisation
de l'édition, nous rencontrons
de plus en plus fréquemment le
cas des violations aux droits
des personnes, à leur vie privée
ou à leur image, ces dernières
se retrouvant dans le personnage
décrit par l'auteur. Ou de
groupes de personnes s'estimant
injuriées par les propos tenus
par l'écrivain dans son
livre...En cas de condamnation,
l'éditeur est solidairement
responsable avec l'auteur de ces
atteintes, mais, avec cette
garantie, il pourra agir contre
l'auteur pour lui demander de le
dédommager.
Propos recueillis par Lorenzo Soccavo
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Dans quel Cas peut-on Reprendre ses Droits d'Auteur ?
Le
lien qui unit auteur et
éditeur est un lien
contractuel,
juridiquement déterminé
par le Code de la
Propriété Intellectuelle
(CPI).
Un auteur ne peut faire prononcer par les juges la résiliation du contrat, par lequel il a librement et contre rémunération cédé à un éditeur "le droit de fabriquer ou de faire fabriquer en nombre des exemplaires de [son] ouvre", que dans la mesure où cet éditeur a clairement failli à l'une de ses obligations légales.
Ces dernières sont au nombre de quatre :
- L'obligation de publier
- L'obligation d'une exploitation permanente et suivie du livre
- L'obligation d'informer l'auteur
- L'obligation de rendre des comptes à l'auteur.
18 mois pour éditer
Concrètement, l'article L.132-11 alinéa 4 du CPI stipule que « A défaut de convention spéciale l'éditeur doit réaliser l'édition dans un délai fixé par les usages de la profession. En cas de contrat à durée déterminée, les droits du cessionnaire s'éteignent de plein droit à l'expiration du délai sans qu'il soit besoin de mise en demeure. »
Dans la pratique le Code des Usages, document établi par le Conseil Permanent des Écrivains (CPE, www.cpecrivains.asso.fr) et le Syndicat National de l'Édition (SNE, www.sne.fr) préconise une durée maximale de 18 mois, à laquelle les juges se réfèrent volontiers.
L'éditeur doit diffuser et commercialiser l'ouvrage
L'article L.132-12 du CPI est clair : « L'éditeur est tenu d'assurer à l'oeuvre une exploitation permanente et suivie et une diffusion commerciale, conformément aux usages de la profession. ».
Dans son guide "Vous écrivez ? Quels sont vos droits ?" (Éd. Dixit 2003), Florence-Marie Piriou précise bien que l'éditeur « doit faire en sorte que le livre se trouve disponible à tout moment et en nombre suffisant pour pouvoir satisfaire les commandes. ». Elle définit ensuite les divers éléments constitutifs d'une "exploitation permanente et suivie" à partir desquels les juges estimeront les initiatives commerciales de l'éditeur : « La mise en place d'un livre, la gestion des stocks, l'effort de promotion du livre auprès des libraires, des critiques, les services de presse, la publicité, les signatures, les présentations des livres par l'éditeur. ».
A noter que des magistrats ont déjà condamné un éditeur pour une carence significative de services de presse (Cour d'Appel Paris, 4ème Chambre, 14/05/1997).
Plus de stock = plus de contrat
Les
facilités de
l'impression numérique
permettent aujourd'hui
aux éditeurs de
maintenir un semblant de
stock et de garder ainsi
des droits sur tout
ouvrage au cas où son
auteur connaîtrait un
jour la gloire.
En toute logique, le pilonnage du stock entraîne de facto la fin du contrat d'édition.
En amont d'une destruction complète du stock, l'éditeur a obligation d'informer l'auteur, par lettre recommandée, en cas de solde partiel ou total et de justifier la mévente. Une telle opération n'est légalement possible que deux ans après publication et six mois après approvisionnement des points de vente.
Sur ces points, la jurisprudence citée par Florence-Marie Piriou est favorable aux auteurs. Un refus de l'éditeur à des demandes justifiées de re tirage de la part d'un auteur (Cour d'Appel Paris, 4ème Chambre, Section A, 12/02/2003), une rupture de stock due à l'absence d'un re tirage (Cour d'Appel Paris, 4ème Chambre, 11/06/1997) ont été condamnés par les magistrats.
Rendre compte à l'auteur
Si
l'éditeur est donc tenu
de rendre compte de
l'état du stock, il a
également le devoir de
tenir, au moins une fois
l'an, l'auteur informé
de l'état des ventes. Le
contrat d'édition peut
prévoir, soit une
rémunération
proportionnelle aux
produits d'exploitation,
soit, dans les cas
prévus aux articles
L.131-4 et L.132-6 du
CPI, une rémunération
forfaitaire.
Le
relevé semestriel ou
annuel des ventes,
appelé généralement
"Reddition des comptes"
doit comporter
l'ensemble des
prescriptions légales
exposées à l'article
L.132-13 du CPI. A
savoir : « le nombre
d'exemplaires fabriqués
en cours d'exercice et
précisant la date et
l'importance des tirages
et le nombre des
exemplaires en stock.
Sauf usage ou
conventions contraires,
cet état mentionnera
également le nombre des
exemplaires vendus par
l'éditeur, celui des
exemplaires
inutilisables ou
détruits par cas fortuit
ou force majeure, ainsi
que le montant des
redevances dues ou
versées à l'auteur. ».
Quel comportement
adopter ?
En cas de manquement grave de l'éditeur, quelle attitude adopter ? Au-delà des lois chaque cas est particulier. De plus, auteurs et éditeurs ont, au fond, les mêmes intérêts. Ils devraient toujours agir en partenaires et évoluer ensemble dans un rapport de confiance.
Souvent, une clause du contrat prévoit une conciliation préalable à tous recours devant les tribunaux.
Si cette conciliation s'avère impossible, adressez à l'éditeur un courrier en recommandé avec accusé de réception. Dans cette lettre, ferme mais courtoise, précisez clairement et sobrement le différend et exposez les tentatives de conciliation que vous avez entreprises.
Au cas où cette démarche n'aboutirait pas, rapprochez-vous du conseil juridique de la Société des Gens de Lettres de France (SGDL, www.sgdl.org, Guillaume Marsal). Si vous devez ester en justice et prendre un avocat, optez pour un spécialiste en droit de la propriété littéraire, artistique et industrielle.
Mais. dans tous les cas, préférez une bonne négociation à l'amiable, à un mauvais règlement de comptes devant les juges.
Lorenzo Soccavo ©
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Plagiat. Contrefaçon ? Comment se protéger
Il ne
s'agit pas vraiment de traiter ici de la
protection physique du livre contre le
vol, mais de la protection
intellectuelle de son contenu par la
propriété intellectuelle, et donc contre
la contrefaçon ou le plagiat.
Le Syndicat pour une Convention collective de sécurité
et de l'image est né
Il est
ouvert à toute personne (écrivain,
illustrateur, photographe,
traducteur...) ayant un contrat
d'édition prévoyant des droits d'auteur
Il y a des agents littéraires et des escrocs. Faites-en la différence
Par
Martine